mercredi, 18 novembre 2009

2012

Continuation des mes aventures cinématographiques…

La tentation est grande de ne vous parler que des films que j'ai appréciés. Et il y en a pas mal. Je suis ce qu'on peut appeler 'bon public'. Je n'ai pas fait d'école de cinéma, je n'ai pas vu tous les Louis Lumière et les Méliès, et entre eux et nous, j'ai loupé de très très grandes œuvres de très très grands réalisateurs, c'est sûr et certain. Je suis juste comme la plupart des gens, sauf que je crois que c'est véritablement très important, je crois même que c'est fondamental, le fait de raconter des histoires pour communiquer des émotions (ça va en faire bondir plus d'un et, évidemment, chacun de ces arts a sa spécificité et ses modalités propres, mais je ne suis pas loin de lier littérature, théâtre et cinéma - je vous l'avais dit, je suis une béotienne). Je crois qu'il est aussi nécessaire que l'eau et le pain que l'un d'entre nous ait le courage et l'énergie - et sans doute aussi l'inconscience - de faire passer quelque chose qu'il a perçu, ressenti au point de passer des années de sa vie pour le mettre en mots, images, sons, couleurs... donc OK, pour cette homme, cette femme là, respect. Mais quand même, cela donne des obligations un peu aussi. C'est pourquoi j'ai décidé d'écrire cette chronique.

Je respecte les artistes comme je respecte les chirurgiens cardiaques. Mais du coup, quand il y en a un qui fait franchement mal son boulot, ça me donne le droit de m'énerver. Heureusement, a priori, dans le premier cas, personne ne meurt. Un mauvais film, une mauvaise œuvre, ça vous fait juste perdre du temps et de l'argent. Quoique. Peut-être y a-t-il eu des cas d'infarctus foudroyants causés par des navets... morts d'indignation !

La semaine dernière, je suis allée voir 2012

Je n'ai qu'un mot à dire : arrrrgggghhhhhhhh

Je n'ai pas pu avoir de crise cardiaque d'indignation car je me suis bien trop ennuyée. Fait intéressant : je n'étais pas la seule. Je suis allée dans une super grande salle le premier jour à la première heure (et oui, séance de 9h15 mercredi 11 novembre, voyez à quel point je pousse l'abnégation) et au bout d'une petite heure, nous avons entendu un bâillement sonore venant des premiers rangs qui a fait rire un bon tiers de la salle. Il faut croire que personne n'était trop inquiet quant au devenir de l'humanité pourtant frappée par l'apocalypse.

Donc si je me laissais aller à mon lyrisme naturel, j'écrirais le J'accuse des bloggeurs de cinéma. En fait, je pense que 2012 est le film idéal pour dénoncer un travers de l'industrie cinématographique. Vous savez, à la toute fin d'un discours sur l'art cinématographique le tout premier ministre de la culture avait ajouté incidemment « Par ailleurs, le cinéma est aussi une industrie ». Mais, à Hollywood, rappelez-vous, « There's no business like show-business ». Donc, pas de doute, 2012 est un pur produit industriel. Pourquoi pas. Je ne suis pas naïve au point de ne pas m'être rendue compte que les films sont marketés, etc etc. Mais 2012 est un mauvais produit. C'est un produit long et coûteux qui croit pouvoir nous faire passer la quantité pour de la qualité.

Il y a tellement tout dans ce film - sauf les gens qui sautent de tours en train de s'effondrer, image très certainement interdite chez nos amis américains - qu'on pourrait le vendre comme les bonimenteurs à l'entrée des grands magasins : « Mesdames et messieurs, messieurs et mesdames, c'est incroyable, c'est extraordinaire, sous vos yeux ébahis, pour le prix d'un seul ticket, je dis bien attention, je dis bien dans un seul film, vous avez du tremblement de terre avec maison qui s'effondre, du tsunami avec noyade en direct, de l'incendie volcanique avec héros qui en réchappe contre toute vraisemblance, de l'accident en veux-tu en voilà de voiture, de mini-van, d'avion, et même d'arche de Noë ».

Ils ont dû faire un brainstroming de toutes les catastrophes possibles et n'ont pas su choisir : ils les ont toutes mises. 2012 est le film obèse d'une civilisation boulimique qui projette, en plans larges et en couches épaisses, toutes les catastrophes que la planète Terre nous réserve. Alors, forcément, ça dure 3 heures. Il faut pouvoir se dire qu'on en a eu pour son argent. Ben non. La quantité, qu'elle soit de minutes ou de pixels, n'y change rien. Je n'y ai pas cru une seconde, ni avec la tête, ni avec les tripes. Je n'ai pas eu peur, pas eu mal, je n'ai pas vibré.

La voilà, la vraie catastrophe, il manque une chose primordiale à 2012 : il n'y a personne à bord de ce film, il n'y a pas de point de vue. Il n'y a pas un être humain qui nous montre ce que lui, il en pense. Il y a des images qui défilent, qui font beaucoup de bruit et beaucoup de dégâts virtuels (parce que de nos jours on ne fait plus brûler les vieux décors pour filmer l'incendie de la Nouvelle Orléans, on met une armée de nerds devant des écrans pour programmer des effets). C'est un film avec des effets qui ne fait aucun effet. Où sont les peurs ancestrales de voir le sol s'effondrer sous nos pas et le ciel nous tomber sur la tête ? Où est la réflexion sur un monde qui dévore ses enfants ? Où sont les êtres humains ? Ils meurent à tour de bras mais tout le monde s'en fout, du coup, nous aussi.

Pire, si on creuse un peu, l'idéologie du film est fortement nauséabonde. Seuls les milliardaires pourront s'en sortir mais on n'a pas à se plaindre puisqu'on sait déjà que le monde est injuste ; seul le gouvernement chinois est capable de faire du boulot efficace puisqu'il peut faire travailler jour et nuit des hordes de pauvres hères qui crèvent à la tâche pour sauver les milliardaires du monde - décidément, une bonne dictature, y'a qu'ça d'vrai ; les russes ne méritent pas de vivre (les hommes sont des gangsters parvenus sans cœur et sans scrupule et leurs femmes des écervelées volages aux seins siliconées)... Pour finir, on peut bien zigouiller les femmes infidèles et les beaux-pères puisqu'il ne sont pas prévus au programme de la famille supposée idéale papa-maman-et-leurs-deux-enfants. Mais bon, que les esprits sensibles se rassurent, la morale est sauve puisque le chihuahua s'en sort à la fin.

Je viens de vous donner la chute, plus besoin d'aller voir le film.
Remerciez-moi, vous venez de sauver 3h00 de votre vie !

 

ViV

mardi, 17 novembre 2009

(500) jours ensemble

Je n'ai pas été très assidue sur ce blog, mais voilà, j'essayais de mener à bien d'autres projets...  Désolée de vous avoir aguichés et puis laissés tomber presque aussi vite mais si vous connaissez un éditeur, j'ai un roman tout frais, tout neuf à faire publier...

Pour faire amende honorable, j'ai pris plein de bonnes résolutions. C'est vrai ça, pourquoi attendre le 1ier janvier pour prendre de bonnes résolutions ? Disons que le 16 novembre sera mon 1ier janvier à moi. Tant que ce n'est pas le premier avril, on peut tenter d'y croire...

Alors, je vais vous dire une chose. Moi, j'aime le cinéma. Je l'aime comme Montand aimait le Music-Hall... J'adore le cinéma, et j'y vais plusieurs fois par semaine.

Donc la résolution est la suivante : vous soumettre une humeur cinématographique au moins une fois par semaine. Je ne prétends pas au rang de critique, rassurez-vous, ou désespérez-vous, je ne sais pas. Mais j'entendais hier à la radio quelqu'un qui disait qu'« il fallait plus de passeurs, de ceux qui parlent des films, qui donnent envie de voir les films », alors passons, passons... Autre réserve d'importance, et dont vous voudrez bien m'excuser par avance : je n'ai pas mon pass VIP, et donc je vois les films en salle quand ils sortent, pas des mois à l'avance, je risque donc de vous sembler quelque peu retardataire.

Premier cobaye,  dernier film que j'ai apprécié :

(500) jours ensemble ou (500) Days of Summer avec jeu de mots perdu à la traduction.
Un film de Marc Webb, sorti le 30 septembre 2009. Scenario de Scott Neustadter & Michael H. Weber.

Les amours contrariées de Tom et de Summer...

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Je réalise que cela fait déjà 7 semaines qu'il est en salle... et si je suis tellement à la ramasse en termes d'actualité (je vous avais prévenus que ça arriverait mais à ce point...) c'est que - j'avoue - j'ai hésité à y aller. Cela avait l'air d'être la énième bluette, dont l'originalité semblait de tenir uniquement au fait que les fronts étaient renversés : cette fois-ci, c'est l'homme qui croit en l'amour, le vrai, et la femme qui ne veut pas s'engager pour la vie.
C'est parfaitement résumé ainsi sur
imdb : Boy meets girl. Boy falls in love. Girl doesn't.

500 jours ensemble carré.jpgEt vous avouerez que ça a l'air maigre vu comme ça.

Attention, je n'ai rien contre les histoires d'amour, elles font tourner le monde, mais, justement, depuis que le monde est monde, on en a vu pas mal.

C'est pourquoi je vous écris. Toutes les histoires ont déjà été racontées. Ce qui compte, c'est comment. Et ici, le comment est délicat, élégant sans étalage, moderne sans être fashion-racoleur. Bref, un film sensible juste ce qu'il faut pour que ça marche. L'idée est simple et ajoute la petite pointe de connivence avec le spectateur qui fait qu'on est tout de suite bien disposés face à ce film. Le réalisateur et les scénaristes savent que nous, spectateurs, savons. Ils ne font pas semblant que c'est la première fois qu'on voit une histoire pareille - et pour la plupart d'entre nous nous en avons même déjà vécue(s) - alors, comme dans un jeu de poker, ou comme dans la mémoire, les cartes (i.e. les scènes) ont été mélangées. Personne ne s'attache à nous surprendre, à nous raconter une histoire. Ce n'est pas ça qui compte ici, on en connaît tous la fin. Ce qui compte, c'est que, justement, on se rende compte qu'on n'est pas seul. L'empathie est là très vite, elle s'impose d'emblée. Les scènes sonnent juste et les protagonistes (un homme, une femme, quelques témoins) comme la situation sont banalement, bêtement, terriblement humains. Comme toi, comme moi. Comme nous. Tous.

Et c'est ce qui marche avec ce film. Il joue son rôle de rassembleur. Le cinéma, ça se partage, à plusieurs, dans le noir, on regarde ensemble dans la même direction. Et (500) jours ensemble nous rappelle ça : sous les couches d'expérience, de beaux habits, sous les discours et les stratégies que nous avons tous mis en place pour résister, survivre au monde, nous sommes tous vibrant, espérant, candides et fragiles.

ViV

dimanche, 14 juin 2009

Comme à l'Exercice

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samedi, 06 juin 2009

DEMOCRATIE & ABSTENTIONNISME

Churchill et ses aphorismes

 

C’est la semaine des élections européennes. Et ben, je dois être un vieille réac’, mais j’en ai marre d’entendre les statistiques des abstentionnistes élection après élections.

 

Ca vous prend trop de temps d’aller jeter un papier dans l’urne ? Ca vous fatigue de tenter d’y voir clair dans les programmes ? Vous ne vous sentez pas concernés ? Vous ne croyez pas que c’est juste parce que la posture de celui qui ne se mouille pas, qui ne décide de rien, mais qui critique ce que tentent de faire les autres, qu’ils font forcément mal, ça vous paraît bien plus confortable ? Et puis vous êtes sans doute d’avis que « la démocratie, n'est rien d’autre que la possibilité pour les opprimés de choisir, tous les quatre ou cinq ans, leurs oppresseurs. » Vous êtes sûrs ? Je vous laisse découvrir dans le Post Scriptum qui a dit une telle chose, et juger par vous même si ça ne vous pose aucun problème de vous trouver dans le camp de cet homme-là (parce que pour la théorie, je ne dis pas, mais dans la pratique, ça a quand même très très mal tourné, son truc)?

 

Réfléchissez-y un coup : rien que pour pouvoir continuer de râler que rien ne va, qu’ils sont tous pareils, tous pourris, vous en avez besoin de cette satanée démocratie. D’après vous, pourquoi c’est justement sur la Bastille et pas une autre prison qu’ils ont marché les révolutionnaires? Pas par manque de choix, croyez-moi… c’est parce que c’était là que, depuis des siècles, nos chers monarques adoubés en direct par le Tout-Puissant envoyaient croupir ceux qui avaient le malheur de ne pas penser pareil, et l’outrecuidance de le dire tout haut.

Personnellement, je préfère vivre dans un monde où « quand on sonne chez moi à 6h00 du matin, je puis être certaine que c’est le laitier. » en paraphrasant Churchill.

 

Vous préfériez la monarchie de droit divin ? Ou – appellation plus récente – une bonne dictature ? De toute façon, à ce rythme-là, on y va, on y va, ne vous faites pas de souci. Révisez un minimum les cours d’histoire : moins y’a de votants, plus ça profite aux extrêmes. Hitler a été élu tout  fait légalement. Il s’est dépêché de faire brûler le parlement après, faut croire que ça peut être un peu dangereux, le droit de vote, tout de même…

 

Alors, bien sûr, la démocratie, ce n’est pas la panacée, mais vous savez, toujours selon notre oncle indigne de la perfide Albion :“Democracy is the worst form of government - except for all those other forms, that have been tried from time to time.” ie “« La démocracie est la pire forme de gouvernement, à l’exception de toutes celles qu'on a pu essayer jusqu'ici .»**.

 

Si vous avez mieux en stock, la maison étudie toutes les propositions, on n’est pas obtus.

  

ViV

 

 *      « La démocratie, n'est rien d’autre que la possibilité pour les opprimés de choisir, tous les quatre ou cinq ans, leurs oppresseurs. »   LENINE

 **   “Democracy is the worst form of government - except for all those other forms, that have been tried from time to time.” ie « Ldémocracie est la pire forme de gouvernement, à l’exception des autres, essayées de temps à autre.»                   Sir Winston Leonard Spencer Churchill, le 11 novembre 1947, devant la Chambre des Communes

DISPARITIONS EN MASSE & ASSURANCE DE CYNISME

Ou comment convertir l’angoisse du peuple en espèces sonnantes et trébuchantes

 

De l’opportunisme en temps de crise…

 

Appel pour me vendre une assurance vie avec prime mirifique pour mes ayant-droit.

A souscrire de suite par téléphone, sans documentation écrite, le lendemain de l’annonce de la disparition d’un avion entier perdu corps et âmes en plein océan atlantique entre Rio de Janeiro et Paris…

 

 

Mes amis du télé-marketing, « passées les bornes, il n’y a plus de limites »*.

 

ViV

 

*Alfred JARRY

 

vendredi, 05 juin 2009

CRACHE TON VENIN

Humeurs, petits tracas & trésors véritables de la vie quotidienne

 

Crache Ton Venin*, c'est comme ça que je voulais intituler ce blog. Et puis, je trouvais que humeurs/venin, ça allait bien ensemble... Mais quelqu'un d'autre a eu l'idée de ce nom avant moi. J'espère qu'il/elle en fait bon usage. Donc exit le venin et les références à ma préadolescence - mais le sous-titre est resté : Humeurs, petits tracas & trésors véritables du quotidien - et l'intention reste la même. Bien sûr, dans un autre édito, je vous dévoilerai par quels méandres obscurs (qui tiennent à la fois du coq et de l'âne) est passé mon esprit pour nous mener de Téléphone à Charles Perrault, du venin aux fées... puisque désormais ce blog de critiques de films, de spectacles vivants (théâtre, danse contemporaine) et de billets d'humeurs s'intitule Perles, Diamants & Autres Crapauds ... déjà, on a gagné en "fillitude", non?

 

J'étais bien en rogne le soir où j'ai choisi ce nom - si vous êtes pas sages, je vous dirais un jour pourquoi - et je voulais crier à la face du monde - c'est  dire la vôtre, chers lecteurs ... hem, y'a qqn? - tous ces trucs qui nous coincent un jour ou l'autre, tous ces gens qu'on ne comprend pas - et qui nous le rendent bien - et auxquels on se heurte au quotidien, bref la petite futile fragile écume des jours** (j'y avais pensé aussi comme titre, mais je ne pouvais pas faire ça à Boris). Parce que ça fait du bien de dire ce qu'on a sur le cœur (cf. ci-dessous) et parce que je crois aussi que c'est ce qu'on partage tous en tant qu'humains : cette capacité à s'empétrer les pieds dans la glaise tout en sachant qu'il y a autre chose, ailleurs, oui, mais où, je vous le demande ?

 

Et puis parce que j'ai un autre blog, je le confesse, un truc beau et poétique, grave et lyrique, parce que "les chants désespérés sont les chants les plus beaux"***, mélancolique à souhait et qui me ressemble - c'est vrai, mais je ne suis pas que ça. Allez faire un tour, et laissez-moi traîner vos commentaires, vous vous rendrez compte par vous même : Ce N’est Que Moi... Donc, besoin, envie de faire vibrer d'autres facettes, de révéler au grand jour mon potentiel comique inexploité - et grand néanmoins, selon certains.

 

Alors voilà ... Perles, Diamants & Autres Crapauds c'est parti!!

 

Les humeurs, vous savez au moyen-âge, c’était ces trucs peu définis,  – tels la bile, les glaires, et même le sang - bref tous ces liquides inconnus que votre corps sécrète. A l’époque, il y a avait un code couleur (noir  pas bon, vert non plus, jaune pas terrible), et de façon général, il semble qu’on en avait trop. L’idée était donc de s’en débarrasser. D’où les saignées… Mode curatif injustement décrié car, après tout, la maladie finissait par disparaître - certes, le patient aussi, mais là, vous chipotez.

 

Bon, et ben, si on transpose ces théories à l'époque formidable qui est la nôtre, l’idée de s’en débarrasser, ça ne me paraît pas si bête, et même, ça me plaît bien. D’ailleurs, ils vous le disent tous, les psy-quelque chose : faut pas garder à l’intérieur, faut qu’ça sorte, évacuez que diable, évacuez ! Sus aux marinages, marinades, aux mijotages et mitonages en tout genre. On ouvre les volets à double battants, on aère, on fait circuler, on balance par les fenêtres tout ce qui encombre, on crie un grand coup, et vive le nettoyage de printemps !

 

ViV

 

* Crache ton Venin          deuxième album de Téléphone, 1979

** L'Ecume des Jours       roman, Boris Vian, 1947

*** La Muse                   in La Nuit de Mai, Alfred de Musset, 1835

 

 

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